Julien Rochedy, président des Jeunes avec Marine, s’est entretenu avec le mouvement de jeunesse italien Giovane Italia.
Giovane Italia : Comment le Front national de la jeunesse aborde cette période de crise politique ? Quelles sont ses dernières
batailles ?
Julien Rochedy : Nous voyons dans cette crise mondiale la révélation que ce système de l’argent-roi et de mondialisme effréné n’est pas viable.
Nous pensons que nous devons être désormais à la hauteur pour proposer un projet alternatif aux Français, car il ne faudra pas gâcher la crise en passant à côté. Nous nous battons régulièrement
pour convaincre les Français, en multipliant les actions symboliques (comme jouer au poker devant les banques), en produisant des visuels, des affiches et des tracts pertinents, en essayant de
provoquer le débat dès que nous le pouvons, car nous sommes les meilleurs dans ce domaine-là.
GI : L’Union européenne, il y a plusieurs années, a décidé de ne pas inclure dans la constitution une étape importante sur les
racines chrétiennes. Vous, qui considérez Jeanne d’Arc comme un héros national, comment jugez ce choix d’effacer un morceau de notre histoire si importante ?
JR : Pierre Manent a écrit : « A chaque fois que l’on mentionne l’Europe, c’est pour l’annuler. », ce qui signifie que l’Europe
d’aujourd’hui nie en réalité tout ce qu’est véritablement l’Europe. L’Union européenne est comme un casque inconfortable, pesant et grossier, posé sur la vraie Europe, celle de la civilisation
helléno-chrétienne, celle des nations. Je dis toujours que je suis plus européen que les européistes de Bruxelles, car eux créent de toute pièce une Europe artificielle, alors que moi j’aime
l’Europe qui existe, celle dont nous avons hérité.
GI : Quelle est l’importance des racines et des traditions dans votre vision de la politique ?
JR : Pour nous, les racines constituent notre identité, donc notre personnalité et notre caractère. Sans
elles, les hommes sont des insectes qui virevoltent dans le vide, sans force et sans âme. Les traditions quant à elles sont un terreau de sagesse accumulé depuis des siècles, et vouloir les
détruire par la politique de la table rase, comme l’ont fait à l’époque les socialistes et les communistes, et comme le font les libéraux d’aujourd’hui, est une pure folie.
GI : La France, plus encore que l’Italie, a été attaquée par les médias, à cause de sa politique envers l’immigration. Comment pensez-vous que
vous devez aborder le problème de l’exode des pays du tiers-monde ?
JR : Je pense que nous devons l’appréhender de deux façons : sous l’angle économique et sous l’angle identitaire. D’abord, l’immigration vers
l’Europe détruit à la fois deux économies : celle du pays qui accueille, car il n’en a pas les moyens, surtout dans un contexte de crise, mais aussi celle du pays d’émigration, car il se prive
d’une main d’œuvre et de cerveaux dont il aurait grand besoin pour se développer. Personne n’est donc gagnant dans cette affaire. Ensuite, sous l’angle identitaire, je pense que nous risquons
une subversion de notre culture et de l’essence de nos peuples, qui est à peu près la même depuis plus de mille ans. Cette disparition des peuples européens et de leur culture serait une
catastrophe, car ils brillent de mille feux dans l’Histoire.
GI : En Italie, un gouvernement dirigé par des techniciens, qui viennent des agences de notation les plus célèbres dans le monde, a pris ses
fonctions de manière très choquante. Pensez-vous qu’il s’agit d’un effort international pour renverser les gouvernements élus par le peuple, pour établir un pouvoir de l’économie
?
JR : Ne nous leurrons pas, l’économie et la finance dirigent déjà les hommes politiques depuis bien longtemps… Même ceux que les peuples ont élus
étaient en général des pantins des grands financiers internationaux. Maintenant, le pouvoir de la banque ne prend même plus la peine de faire croire au jeu démocratique, il impose directement
ses chefs d’Etats. Au moins, personne ne pourra dire qu’il n’était pas au courant.
GI : Pendant des siècles, des dizaines de clichés superficiels ont séparé le peuple italien et le peuple français ; quelle est la réelle
prise en compte que la France et le Front national de la jeunesse ont envers l’Italie?
JR : Pour nous, les Italiens sont des frères, comme le sont les Espagnols, des Allemands, et l’ensemble des peuples européens. Nous sommes une
seule et même civilisation, et nous connaissons actuellement les mêmes difficultés : le pouvoir de l’Union européenne, l’assujettissement aux Américains et aux banques, l’immigration massive,
la crise des valeurs etc. Nous pouvons et devons surmonter ces difficultés ensemble, en souhaitant chacun reprendre le pouvoir qui lui est dû, à l’échelle nationale.
GI : Soit en France, soit en Italie, il y a beaucoup de différences entre le Nord et le Sud. Pensez-vous que les identités
locales peuvent être des obstacles ou des atouts dans la construction d’une identité nationale ?
JR : Personnellement, je pense qu’elles peuvent être un atout, car de leur syncrétisme nait une culture particulière, avec ses traits qui lui
sont propres. En France par exemple, je pense que cela enrichit notre culture que les Bretons se sentent Français et Bretons, que les Occitans se sentent Français et Occitans, etc. Du moment
qu’ils prennent conscience que c’est la Nation Française qui est notre dénominateur commun à tous, alors il n’y a pas de problème. En revanche, quelqu’un qui ne souhaiterait être que Breton et
pas Français, celui-là n’aurait rien compris et se condamnerait, car aujourd’hui seul l’Etat national peut protéger ses terres des crises économiques et des flux migratoires par exemple.
GI : Quelle est la position du Front national de la jeunesse sur le travail du gouvernement Sarkozy ?
JR : Nous pensons que Sarkozy n’aime pas la France, qu’il lui préfère le modèle américain. Nicolas Sarkozy a enfumé tout le monde en faisant
croire qu’il voulait protéger l’économie Française, rétablir la sécurité et réguler l’immigration, il n’en fut rien. Au contraire, sous le règne de Nicolas Sarkozy, tout s’est empiré : chômage,
dette, insécurité, immigration, déculturation.
GI : L’Italie, ayant choisi de ne pas avoir de centrales nucléaires, achète une grande partie de l’énergie qu’elle utilise de la
France. Cela nous rend unis dans le domaine de l’énergie, mais, malgré cela la guerre en Libye et contre Kadhafi, a été entreprise, très probablement, pour attaquer une relation
énergie/économie qui a été créée entre la Libye, l’Italie et la Russie, qui a vu briser le potentat de l’Atlantique qui, jusque-là, avait l’hégémonie sur la Méditerranée. Quelle est votre
position sur la guerre en Libye et sur la question énergétique ?
JR : Nous étions contre la guerre en Libye, dont les causes semblent n’être pas très européennes et Françaises… Sur la question de l’énergie, je
pense que les européens doivent s’ouvrir à l’Est en instaurant de grandes alliances avec des pays comme la Russie, qu’ils doivent s’entraider pour maitriser totalement la Méditerranée, et
qu’ils doivent plancher sur de nouvelles énergies, plus écologiques. Le savoir-faire de l’Europe et son inventivité pourvoiront à tout.
GI : Pour terminer, si vous voudriez recommander un livre, une chanson ou un film pour les jeunes Italiens, qui choisiriez-vous
?
JR : Je leur conseillerais évidemment toute la littérature française. Plus sérieusement, je leur conseillerais « Le Siècle de 1914 » de
Dominique Venner, qui revient sur le XXe siècle et comprend tout de l’Histoire qui a déterminé le présent que nous vivons. Je leur conseille aussi de bien connaitre leur propre culture qui est
sublime. L’avenir est à nous, il nous suffit d’oser ! Un de vos grands poètes disait : « Memento audere semper » (Souviens-toi de toujours oser), c’est ma devise : ce doit être la
nôtre.
http://jeunesavecmarine.fr/
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