Jean-Marie Le Pen, le président d’honneur du FN parle de l’avenir de son mouvement et rêve d’une recomposition de la droite. Loin d’avoir siphonné l’électorat du Front, le patriarche estime que Nicolas Sarkozy a légitimité le programme frontiste. Extraits de l’interview à paraître ce mercredi dans Les Inrockuptibles.
C’est la première campagne où vous serez sur le banc de touche. Quel rôle comptez-vous jouer ?
Jean-Marie Le Pen – J’irai dans les départements où Marine Le Pen ne peut pas aller. Quelque part, c’est comme si j’étais en campagne, moi aussi. Je suis certainement en France la personne qui a le plus d’expérience des campagnes présidentielles, donc je la conseillerai.
En début d’année, vous avez déclaré que Nicolas Sarkozy ne se représenterait pas en 2012. Vous en êtes toujours convaincu ?
C’est une hypothèse, mais j’ai le sentiment qu’il ne se représentera pas. Pourquoi ce garçon qui a surfé sur les difficultés accepterait-il de se faire présenter les factures dans le quinquennat suivant ? En plus, je ne crois pas qu’il soit suffisamment engagé par cette fonction pour considérer qu’il ne puisse pas s’en détacher. Lorsqu’il m’a reçu à l’Elysée en 2007, il m’a dit : “Ce que je fais, je le fais avec passion mais je me sens capable de faire autre chose.” Je pense que lorsque l’on est président de la République, on ne peut pas faire autre chose.
Quels souvenirs gardez-vous de cette rencontre à l’Elysée ?
Il m’avait reçu trois quarts d’heure dans un salon, nous avions eu une discussion à bâtons rompus. L’homme a du charme, il s’est montré sympathique. Il est sorti en me tenant le bras et m’a présenté à ses ministres. François Fillon faisait la tête. Je crois que ça l’amusait de les mettre dans l’embarras.
Y a-t-il eu une évolution de vos relations avec la droite sous son mandat ?
Non, et pourtant Nicolas Sarkozy aurait pu faire une vraie politique de rupture en reconnaissant le FN comme un parti normal. Cela aurait consisté à jouer un jeu véritablement démocratique lors du second tour des élections comme la gauche peut le faire avec l’extrême gauche. Mais ses porte-parole ont répété qu’il n’y aurait pas d’alliance possible avec le Front national, il poursuit donc la même politique que Jacques Chirac.
Nicolas Sarkozy a tenu des propos très virulents sur l’immigration. Pensez-vous qu’il a pu légitimer une partie de votre programme ?
C’est évident qu’il a légitimé nos propositions. C’est une tactique qui n’est pas sans inconvénients pour lui. Lorsque, dans son discours à Grenoble, en 2010, il fait le lien entre immigration et délinquance, il nous soulage des accusations qui étaient portées contre nous.










Communiqué de Presse de Jean-Marie Le Pen, Président d’Honneur du FN, Député français au Parlement européen
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